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Débat sur la situation des banlieues françaises : Liberté, Egalité, Fraternité ou Etat d’urgence !

mercredi 16 novembre 2005

En réponse aux violences urbaines qui ont éclaté dans les banlieues françaises, les députés de l’Assemblée Nationale ont voté à la majorité le 15 novembre la prolongation de l’état d’urgence pour 3 mois. Mais la répression est-elle bien le seul moyen de mettre en avant les valeurs républicaines ?

Nous ne sommes pourtant plus au temps de la Terreur... Qui veut terroriser qui ? Pour une fois, on n’entend pas parler de terroristes...

Gravure coloriée éditée par Paul André Basset, prairial an IV (1796)
source : www.diplomatie.gouv.fr/ fr/IMG/jpg/liberte.jpg

La veille, le président Jacques Chirac s’est exprimé sur la crise des banlieues :

"Je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu’ils sont tous les filles et les fils de la République". Et le "devoir" de la République, "c’est d’offrir partout et à chacun les mêmes chances".

Une question se pose : n’est-ce pas justement à force d’entendre de beaux discours de ce genre que les jeunes Français d’origine immigrée se révoltent ?

En effet, les fameuses valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité, que l’on peut voir inscrites à peu près partout, peuvent être vécues comme de véritables provocations pour ceux qui ne peuvent que constater l’écart entre ces belles idées et la dure réalité !

Alors Monsieur le Président, de gr­âce, restez silencieux ! Car il n’y a rien de pire que de faire miroiter l’égalité lorsque la jeunesse issue de l’immigration africaine et asiatique sait que ce n’est que pure illusion ! Il suffit de regarder l’origine des politiciens élus qui représentent le peuple : combien de députés d’origine africaine ou asiatique à l’Assemblée Nationale ?

Finalement, la seule chose qu’on puisse reprocher aux jeunes des banlieues qui s’expriment par la violence c’est de ne pas faire de politique ! Mais les incite-t-on vraiment à en faire ?

Il est moins risqué de prôner une égalité abstraite et utopique...

Comme disait Coluche : " Le coq est l’emblème de la France car il est le seul animal à chanter en ayant les pieds dans la merde ! "

Rédaction de l’AFI

Messages

  • Maréchal, Nous Voila !
    On avait déjà l’opération "Maréchal Nous Voilà Pirate" alias "Vichy Pirate"...Et on a désormais l’état d’urgence et le couvre feu. Donc bientôt les tribunaux d’exception et les chantiers de jeunesse. Et pourquoi pas la création d’une zone occupée et des déportations ? Les vieilles lois pétinistes récupérées et recyclées par De Gaulle à la libération ont donc encore de beaux jours devant elles et des politiciens zélés pour les faire appliquer.
    Il convient simplement, désormais, de résister.
    G.C.

    • Hélas, les déportations existent déjà, cela s’appellle retour au pays, ainsi que les détentions arbitraires et non contrôlées dans ce qu’on appelle pudiquement les centres de rétention. Sarko applaudi par 7 Français (j’ai hésité à mettre la majuscule à français !) sur 10, j’ai honte et mal, vraiment mal à mon pays. Ce que j’entends autour de moi m’anéantit.

    • ce n’est pas de moi mais je ne pourrais pas mieux résumer ma pensée. " A propos de la situation de crise actuelle...

      Mes propos vont peut-être vous choquer, mais à vrai dire je m’en fiche pas mal. Je vais être clair : la mort de deux jeunes, électrocutés alors qu’ils cherchaient à se cacher de la police, ne m’attriste pas, mais alors pas du tout. Ils sont, avec leurs parents, et les gouvernements lâches et serviles qui se succèdent depuis des décennies en France, les seuls responsables de leur mort. Qu’ils aient eu ou non la police à leurs trousses, peu importe. S’ils avaient été en règle, ou s’ils n’étaient pas entrés dans ce lieu interdit, ils seraient en vie. Ils ont bien cherché ce qui leur est arrivé.

      Les musulmans disent "inch’allah", nous dirons plutôt "quand on joue avec le feu, on se brûle". Contrairement au maire PS de Chichy, Claude Dilain, je n’ai pas de pensées amicales envers les familles endeuillées. J’ai trois enfants, je sais que s’ils finissent grillés dans un transfo, c’est que j’aurai échoué dans mon rôle de père. Je ne chercherai pas d’autres responsabilités, je m’en voudrais terriblement, je me cacherai de honte...

      Je n’ai pas non plus envie de rendre hommage à ces jeunes. Qu’ont-ils fait pour mériter un hommage, une marche, ou quoi que ce soit ? Rendait-on hommage à chaque mafiosi tombé sous les balles de la police ou exécuté par un autre tueur ? Quel est ce monde où nous vivons, dans quelle état de déliquescence est tombé notre pays pour que nous inversions à ce point les valeurs, pour que nous condamnions celui qui défend son bien et que nous rendions hommage à celui qui pille, viole ou tue ?

      Comment des hommes politiques, comment des éducateurs sociaux - que nous payons ! -, comment des journalistes peuvent-ils trouver des excuses aux pillards, aux casseurs, aux voyous qui ont brûlé 29 voitures hier, saccagé une partie de la ville, tiré à gros calibre sur les CRS ? Qui sont ces ordures qui soutiennent la racaille ?De quel droit demande t-on systématiquement aux forces de l’ordre de se justifier chaque fois qu’elles font leur boulot ?

      EDF ne serait elle pas le réel responable de ce drame ?? Après tout, quelle idée absurde de produire de l’électricité, c’est dangereux... il faut interdire le courant !

      Si je n’ai aucune pensée amicale pour ces victimes et leurs voyous de copains, je suis par contre affligé par le meurtre, à Epinay sur Seine, d’un père de famille dont le seul tort a été de vouloir photographier un lampadaire, pour des raisons professionnelles. Selon la police, il n’a pas été battu, il a été massacré, devant les yeux de sa femme et de sa fille, par des jeunes (inutile de vous traduire le terme) qui n’ont visiblement pas accepté qu’il soit là. Les secours sont parvenus à le ranimer après 20 minutes de massages cardiaque, mais il n’a pas survécu.

      Là, nous avons un vrai martyr. Là, nous devons rendre hommage. Là, les autorités devraient exprimer leur compassion. Mais non, là, tout le monde s’en fout. Il n’y aura pas d’émeute, pas de pseudo travailleur social pour défendre la mémoire de cet homme, victime de la haine des banlieues. Sa famille le pleurera, puis tout les autres oublieront. Il n’est pas certain que les porcs qui ont fait ça soit arrêtés, et s’ils le sont, combien de temps passeront-ils en prison ? Quelques années, pour parfaire leurs techniques de racailles ?

      Je vais être très franc, quand je vois ça, je serai soulagé d’apprendre que les auteurs de ce crime abject ont fini grillés dans un transfo.J’ai imaginé cette scène, les coups, les insultes, la violence et la haine. La victime, sa femme hurlant de l’épargner, sa gosse pleurant et criant, et lui gémissant par terre dans une mare de sang. J’imagine les raclures s’acharner sur lui, le sourire aux lèvres, convaincus de leur supériorité, à coup de poings, de pieds, de tête... Et j’en pleure de rage et d’impuissance, avec une envie de vomir... et de faire autre chose, que je n’ai pas le droit d’écrire ici.

      Pauvre gars, pauvre France, quand nos compatriotes
      vont-ils se réveiller, et coller en prison toutes les
      ordures responsables de cette situation ? "

      pour ne pas étre d’accord, il faut vraiment étre reactionnaire et borné,non ??

    • Nous publions votre réponse, non sans hésitation, en raison de son caractère malheureusement représentatif du sentiment nationaliste qui est à l’oeuvre dans le coeur de bon nombre de français, et ce depuis longtemps. Pour combien de temps encore, nous espérons le moins possible. Votre contribution, aussi choquante soit-elle, a le mérite de mettre en évidence d’une part ce que pense réellement une certaine France, d’autre part que notre pays apparaît aujourd’hui comme profondément et dangereusement divisé. Ainsi, s’il faut choisir un camp, les membres de l’AFI ont choisi le leur, sans se cacher, en ayant le courage de leurs opinions, ce qui ne semble pas être votre cas puisque vous gardez l’anonymat. Nous vous rappelons que l’association Action Francophone Internationale, comme son nom devrait l’indiquer, ne se propose aucunement de défendre une France blanche, riche, bien éduquée, propre comme il faut, ne montrant pas du doigt la grosse dame.

      Comprenons-nous bien : nous condamnons comme vous l’assassinat dont vous parlez, commis en présence de la femme et de la fille de la victime. Pour ce qui est de l’autre affaire évoquée, celle de la mort des deux adolescents électrocutés, nous n’avons pas, comme vous non plus d’ailleurs, suffisamment d’informations fiables pour condamner qui que ce soit. L’explosion de violence dans les banlieues, nous interpelle, comme tout francophone, en ce qu’elle force la société française à regarder en face un problème de discrimination envers les populations de ces banlieues.

      Vous parlez de vouloir "coller en prison toutes les ordures responsables de cette situation ?" Nous sommes peut-être d’accord avec vous, sur le fait qu’il y a bien des ordures en liberté et qui devraient peut-être ne pas l’être. Pourtant votre solution semble insuffisante voire impossible, surtout si pour vous "les ordures" = les jeunes Français d’origine immigrée des banlieues. Si c’est là votre seule vision du problème, nous ne comprenons pas pourquoi vous nous écrivez. Vous n’avez pas grand-chose à apporter à notre projet de défense de la francophonie.

      Surveiller et punir ne peuvent plus contenir la soif de vie, le désir de liberté, le besoin d’égalité, et la force de la fraternité qui animent un certain nombre de jeunes français, qu’ils soient noirs, blancs ou jaunes, qu’ils soient issus d’une double culture, du terroir vendéen ou du Burkina Fasso, qu’ils soient croyants ou non.

      L’AFI a pour but notamment de faire prendre conscience à ceux qui ne l’auraient pas encore admis, que la France, depuis beaucoup plus longtemps que ces 20 dernières années, vit de ressources qu’elle prend ailleurs. La population française s’est forgé un train de vie somme toute confortable, mais sur le dos d’autres populations, exploitées dans leur propre pays ou sur son propre sol. Une politique commerciale et publicitaire a permis pendant pas mal de temps de faire croire que le progrès matériel, l’élévation du niveau de vie des français étaient une sorte de récompense de son intelligence avancée, de sa supériorité scientifique, de ses savoirs-faire industriels,... Trop de français croient encore à ces sornettes. L’AFI existe justement pour ré-équilibrer une vision simpliste de la fameuse mauvaise "situation "dont nous parlons, vision simpliste qui consiste souvent à penser, mais déjà moins souvent à le dire :

      Nous, hommes civilisés et bien éduqués, alors qu’on est bien tranquillement en train de développer nos capacités au-dessus de la moyenne de l’humanité, avons la malchance de se faire emm... par des "ordures" et de la "racaille", presque tous d’origine étrangère d’ailleurs, et que nous avons le magnanisme de tolérer chez nous.

      Nous le répétons encore, notre travail, et nous parlons bien d’un travail, c’est-à-dire d’un effort de réflexion en commun, d’une recherche et d’une diffusion d’informations fiables, de documents sérieux, notre travail, donc, est tout entier du côté de la défense non pas de la France, mais de la francophonie. Nous avons la conviction que la France post-coloniale s’enrichit sur le dos des anciens peuples soumis, avec au moins autant de cynisme et de violence qu’auparavant. Notre travail est de le prouver, de le dénoncer, et de faire pencher nos destins vers une solidarité réelle, efficace, sincère, et de tous les instants, entre les peuples francophones. Et plus il y aura de Français en désaccord avec le fait que depuis des siècles, leur destin est fortement lié à celui des francophones du monde entier, plus l’AFI aura à coeur de poursuivre ce modeste mais essentiel travail, afin de rendre à César de qui appartient à César. Nous nous promettons pour se faire de continuer de rappeler certains événements historiques qui prouvent le malentendu entre les français de souche française et les autres francophones, français ou non : qui doit quelque chose à l’autre ? Nous voulons rendre à l’empereur ce qui lui appartient de droit et légitimement. S’il s’avère que l’empereur est un imposteur qui vit de vol et de tromperie, nous n’aurons pas de scrupules à tenter de le dépouiller pour rendre son dû à qui de droit. Si vous éduquez aussi bien vos enfants que vous le dites, enseignez-leur donc l’histoire de la France coloniale, sans fard et sans théories à la noix, et laissez-les décider qui est barbare et qui ne l’est pas. A bon entendeur, salut.

      Rédaction de l’AFI.

    • bonjour à tous

      une partie des français n’a décidement pas du tout conscience de la situation de certaines familles. Juger ce qui se passe actuellement en ne prenant en compte que le decès de trois personnes prouve bien l’aveuglement et la meconnaissance totale de ce qui (malheureusement) se passe dans les quartiers de notre chère France.

      Parler de "pseudo travailleurs sociaux" est à mes oreilles un crachat dans la figure, je travaillais dans une banlieue difficile auparavant, ce n’est pas aux travailleurs sociaux d’être une courroie de transmission du gouvernement pour établir une paix sociale qui permet à l’"autre France" de vivre bien tranquillement dans leur joli centre ville ou leur jolie campagne !

      Les travailleurs sociaux, pour certains, n’ont pas baissés les bras, ils ont arrêtés d’être incohérents avec leur valeurs et ont stopés leur rôle de l’arbre qui cache la forêt. La situation d’aujourdh’hui était largement prévisible, désolé on n’arrivait plus à cacher la misère et la violence de ces quartiers !

      Penser cela ne signifie pas rendre hommage aux jeunes qui détruisent d’une manière gratuite ce qui les entourent. C’est regarder la réalité en face, malheureusement ça devait arrivé,et si rien n’est fait pour prendre en compte la détresse de ces jeunes, ce sera encore pire !

      Je suis maintenant en campagne, le dernier éditorial du magazine hebdomadaire du coin, lu par beaucoup, est pratiquement le même que votre article : ça m’a fait froid dans le dos de lire à deux endroits différents des articles presque similaires et aussi scandaleux à lire.

      Où est la mixité sociale dans notre pays ? Evidement quand on est loin de la misère et de la violence c’est simple d’écrire comme vous le faites. Comment se fait-il que beaucoup de communes refusent de construirent des habitats à loyers modérés ?

      Pourquoi les populations d’origine étrangères ont souvent été "parquées" dans des cités ? Ca ferait tâche en campagne ? Campagne où un enfant noir est regardé comme forcément un étranger, mais il est français !!

      Vous voulez rester dans vos paradis dorés ?
      Et bah pas de bol, la misère commence à se voir !

      Nadège GARNIER, St Jean en Royans Isère.