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Bockel ou comment passer de la Françafrique aux anciens combattants.

vendredi 21 mars 2008

Jean-Marie Bockel n’est plus le secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie.

Il avait dénoncé la Françafrique - en dénonçant davantage l’Afrique que la France - lorsqu’il avait notamment déclaré au Bénin en octobre dernier :

"Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences, il nous faut débarrasser notre relation des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent."

"Est-il légitime que notre aide soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources ?", s’etait-il interrogé, affirmant que sur "100 milliards de dollars annuels d’aide à l’Afrique, 30 milliards s’évaporent". Et de conclure : "La rupture tarde à venir. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d’intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d’égal à égal."

Les propos de Bockel avaient heurté les autorités gabonaises qui avaient réagi dans un communiqué en s’étonnant "de cette attitude d’autant plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques avec notre pays, depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs".

"Le gouvernement gabonais marque sa surprise face au constat suivant : à savoir que depuis l’arrivée à la tête de la France du président Nicolas Sarkozy, nous entendons des clichés méprisants faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l’aumône de la France"

"si la France estime que l’Afrique lui coûte cher, il lui revient souverainement d’en tirer les conclusions sans être obligée de se justifier de façon aussi péremptoire. Car l’Afrique saura trouver assurément des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souveraineté de ses Etats".

Suite au remaniement opéré par le président de la République, Bockel se retrouve maintenant au portefeuille du secrétariat d’Etat aux Anciens combattants.

Peut-être se rappellera-t-il alors que nombre des anciens combattants furent africains et que c’est surtout l’Afrique qui a payé le prix fort de l’ex-empire colonial français d’où est sortie la Françafrique...

Rédaction de l’AFI.