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Gildas Trévetin : un écrivain breton hors du commun.

Les échos du golfe par Gildas Trévetin.

samedi 30 septembre 2006, par Jacqueline Gétain-Jacob

Ce n’est pas son handicap lourd qui empêche Gildas de se battre, de militer, de vivre, ni d’écrire.
Il ne peut lui-même ni écrire, ni utiliser internet, aussi je me fais son porte-parole.

Un polar où la culture bretonne, l’histoire locale et la politique sont mises en lumière grâce à un regard perspicace.

Je me permets de faire auprès de vous la promotion du livre de Gildas TREVETIN, une personnalité bien connue sur la place de Lorient et à Lanester, en Bretagne, France !
Je la fais parce que le bouquin est bien, que je crois en lui, et aussi à cause des liens qui nous unissent.


Handicapé depuis sa naissance, Gildas peine à parler, se déplace en fauteuil roulant, et a besoin d’une tierce personne pour tous les actes de la vie quotidienne.
Il partage sa vie depuis plus de trente ans, avec son amie Marie-Claude, handicapée elle aussi et aussi en fauteuil. Il a milité dans les rangs de l’UDB et a été de tous les combats pour l’autonomie des personnes handicapées. Ensemble ils emploient et gèrent les tierces personnes qui s’occupent d’eux, qui deviennent au fil du temps de véritables amies et soutiens.

Leur vie est normale, à part ça. Ils vivent chez eux, militent, s’indignent, se cultivent, vont au théâtre et au ciné, suivent de près la culture bretonne, se sont fait élire aux municipales (elle à Lorient, lui à Lanester) lisent et partagent les soucis de notre époque. Ils voyagent grâce au minibus qu’ils ont acquis et ont fait aménager spécialement, conduits par une aide ménagère. Ils vont au restaurant, aux fêtes des copains. Ils organisent des dîners chez eux avec les amis.

Gildas et notre famille, c’est une belle histoire. Alors qu’il était enfant, il était hospitalisé à Kerpape (appelé sanatorium à l’époque), où il était considéré comme un enfant idiot, car on ne comprenait rien de ce qu’il disait, et il était grabataire. Ma mère était institutrice à Kerpape, elle faisait classe dans les salles communes aux enfants qui ne pouvaient se déplacer, et Gildas était là, dans un coin, car on ne savait où le mettre pendant ces activités qui ne le concernaient pas. Jusqu’au jour où...
Jusqu’au jour où ma mère s’est aperçue qu’il suivait la classe et savait déchiffrer ce qu’elle avait écrit au tableau. Il suffisait de l’écouter et de faire l’effort de le comprendre. Il avait 8 ans.

Ce fut une révélation, suivie d’un branle bas de combat dans notre famille. Mon père, instit aussi et bricoleur, fit des essais avec le menuisier de Kerpape pour adapter un cache en bois sur une machine à écrire mécanique afin qu’il puisse écrire. Cela n’a pas donné grand chose. Il devait utiliser une barre de fer pour essayer de viser dans les trous, et cela prenait un temps infini pour un piètre résultat.

Mais de ce jour Gildas n’a eu de cesse de lire, d’apprendre et de se cultiver. Tout l’intéressait.
Il dit souvent que ma mère est sa vraie mère. En tous cas grâce à elle c’est une véritable naissance à l’esprit qui s’est opérée. Il lui en voue une gratitude éternelle qui, depuis son décès, s’est reportée sur nous, ses enfants. Ce n’est pas notre frère de lait, mais notre frère en intelligence.

Ecrire l’a toujours titillé. Mais ce n’est pas son autobiographie qui l’intéresse. Ce sont les thèmes de notre époque.

Voici donc son premier roman publié. Il est bien écrit et très intéressant. Un polar où le décor est aussi important que l’énigme à découvrir. La Bretagne, les affaires, les profits, l’écologie, les dévoiements des personnages politiques, constituent le vrai sujet. Et ces thèmes sont de plus traités avec intelligence et humour.

S’il y a quelques fautes d’orthographes qui n’ont pas été corrigées, vous lui pardonnerez. Il ne peut écrire lui-même, aussi il dicte à Marie-Claude qui, elle, réussit à écrire avec une machine à traitement de texte. Il a déjà deux autres livres en train.

Je vous conseille donc vivement d’acheter ce livre, qui est en vente à Lorient à "Coop Breizh" et à l’"Imaginaire" pour le prix de 17 Euros.

Vous pouvez aussi le commander auprès de moi.

Contact : jgetain@wanadoo.fr

Merci beaucoup de votre attention.

Jacqueline


Les échos du golfe, Gildas Trevetin, Société des écrivains, ISBN 2-7480-2948-8.

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