Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/afi.ouvaton.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 République Centrafricaine : SOS + comment l’aider ? - Action Francophone Internationale (AFI)

Accueil > Actualité > République Centrafricaine : SOS + comment l’aider ?

République Centrafricaine : SOS + comment l’aider ?

lundi 20 mai 2013, par Julien Debenat

Actuellement, et depuis deux mois déjà, la population de la République Centrafricaine subit des massacres, des viols, des enrôlement d’enfants-soldats. Le président auto-proclamé Michel Djotodia souhaite instaurer un régime islamique dans ce pays comptant 10% seulement de musulmans. C’est sans doute plutôt les richesses, le pouvoir et la violence que lui et les rebelles recherchent en Centrafrique. Que peut faire le peuple centrafricain face à ce énième putsch violent ? Quelques éléments de réponse, hélas bien peu enthousiasmants.

L’intention du président autoproclamé Michel Djotodia est claire : « Si Dieu le veut et que nous arrivons à Bangui, nous allons mettre en place un régime islamique afin d’appliquer la charia […] Nos frères du Darfour sont d’accords avec nous. Même les frères tchadiens qui luttent pour chasser Deby nous apportent leur soutien. » Lettre du 17 avril, adressée à l’Organisation de la Conférence Islamique en Arabie Saoudite. Lire la lettre entière ici.

Le président auto-proclamé : une figure typique de l'histoire de la République Centrafricaine.

Extraits du rapport de l’ONU du 3 mai 2013

Rappel des faits
« Depuis décembre, le pays a sombré dans le chaos et beaucoup de bureaux et d’entrepôts humanitaires ont été saccagés, ce qui complique d’autant l’action des secours. Bien que toutes les parties aient souscrit au principe de faciliter l’accès humanitaire, l’insécurité empêche les acteurs humanitaires d’atteindre les populations ayant besoin d’assistance, notamment les déplacés, les communautés d’accueil et les victimes de violations des droits de l’homme.
[...]
Membres de la Seleka (alliance) pro-Islam.
La Séléka [mosaïque d’où émergent deux grands groupes : les "Tchadiens" soutenus à l’extérieur par N’Djamena, et les "Soudanais", dont Michel Djotodia est la figure de proue, dixit un "bon connaisseur du dossier" dans Libération]a repris les hostilités le 22 mars 2013 et, deux jours plus tard, elle est entrée à Bangui où elle s’est emparée du palais présidentiel. Le Président autoproclamé, Michel Djotodia, a confirmé Nicolas Tiangaye dans ses fonctions de Premier Ministre et promulgué des décrets portant suspension de la Constitution, dissolution de l’Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle et du Gouvernement d’union nationale et instauration de mesures de transition.
[...]
La dernière crise en date a aggravé une situation humanitaire déjà difficile à
supporter pour la population centrafricaine.

[...]
Les exactions commises par les combattants de la Séléka et d’autres éléments armés, comme les viols, les meurtres, les mutilations, le recrutement d’enfants et les mariages forcés, compromettent gravement la protection des civils et constituent de surcroît des violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
[...]
Le pays s’enfonce dans une anarchie généralisée marquée par un effondrement complet de l’ordre public.
[...]
La situation humanitaire en République centrafricaine prend des proportions
catastrophiques.

La population fait face à la seleka, aux problèmes d'eau, ...

Une demande forte

Je demande au Conseil de sécurité d’envisager de prendre des sanctions et d’autres mesures contre les auteurs de violations graves des droits de l’homme, y compris de sévices sexuels contre des femmes et des enfants. »

Rapport du Secrétaire général de l’Onu sur la situation en République centrafricaine - 3 mai 2013.

Une demande faible

Le rapport du secrétaire général de l’ONU décrit bien une réalité, malheureusement confirmée par d’autres organisations (rapport de Human Right Watch, et par de nombreux témoignages privés. Cette réalité du meurtre, du viol, du chaos, oblige le Secrétaire Général à demander au Conseil de Sécurité des sanctions et d’autres mesures. Ban Ki-moon a ensuite rencontré le premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye le 13 mai à New York, c’est-à-dire 10 jours après la publication du rapport se concluant sur cette demande. A la lecture du communiqué de l’ONU sur cette rencontre, on comprend qu’il y a une autre réalité, qui s’appelle diplomatie, ou géopolitique, et que celle-ci ne peut se plier à celle-là.
« Le Secrétaire général a rappelé que l’établissement d’institutions crédibles et la promotion d’un processus politique inclusif étaient les éléments essentiels au succès de la transition en cours dans le pays depuis le changement de pouvoir le 24 mars. Il a en outre redit ses profondes préoccupations devant la détérioration continue de la situation humanitaire et les violations persistantes des droits de l’homme enregistrées en République centrafricaine. […] il a assuré le Premier ministre de l’engagement des Nations Unies de continuer de soutenir le processus de transition en République centrafricaine. »

Disparition des sanctions et autres mesures, maintien d’une demande plutôt faible, usage d’euphémismes...

Le paradoxe

Ce qui n’est pas étonnant !
Sur le site de l’ONU, il est clairement précisé : pour qu’une opération de maintien de la paix ait assez de chance de rencontrer le succès, il faut une volonté authentique des parties d’appuyer un processus politique devant déboucher sur la paix (la paix doit exister avant qu’elle puisse être maintenue). On ne peut mieux exprimer la contradiction que constitue par essence une armée de la paix ! Ainsi avant de demander l’aide de l’ONU, un pays en guerre doit d’abord faire la paix. Ou bien un pays dont la paix est menacée doit se débrouiller pour demander de l’aide à l’ONU juste avant de sombrer dans la guerre.

L’imposture

Mais même quand une force armée parvient à réunir les conditions de réussite, et à intervenir au nom de la paix, une autre question survient : qui peut croire aujourd’hui que des États s’engagent militairement pour sauver un peuple de façon gratuite et désintéressée ? Les Afghans à mon avis n’y croient plus, s’ils y ont jamais crû. Les Vietnamiens peut-être. Les Libyens, ça m’étonnerait. Les Maliens je ne sais pas. Personnellement, je n’en crois mot. Et en général, quand on cherche l’intérêt caché et non-dit, on en trouve parfois quelques traces. Il est vrai que la France a été intimement impliquée dans chaque changement de gouvernement de son ancienne colonie depuis 1960. Il est vrai que l’ex-président autoproclamé et aujourd’hui en exil, François Bozizé accusait, dans un discours du 27 décembre dernier des « étrangers » qu’il n’a pas nommés, de soutenir les rebelles, en suggérant que les troubles avaient été déclenchés suite à son octroi plus tôt en 2012 de permis d’exploration de pétrole à des sociétés chinoises et sud-africaines. Dans ce même discours il déclarait : « Avant de donner le pétrole aux Chinois, j’ai rencontré à Paris [l’entreprise pétrolière] Total et leur ai dit de prendre le pétrole, rien, j’ai donné aux Chinois et c’est devenu un problème. »

Le dilemme

Le dilemme qui s’ensuit a bien été formulé dans un article du Canard Enchaîné : « une intervention comme celle de la France au Mali suscite –passé les premiers éloges ‘’des peuples libérés’’- des accusations de néocolonialisme. Mais la neutralité vis-à-vis d’un État en ruine comme la RCA ressemble à de l’égoïsme coupable. Noir dilemme…. » Article Un État africain à la rue, Canard Enchaîné (7/5).
Si les pays puissants y vont, c’est de l’ingérence ou de la prédation, puisqu’ils n’y vont pas gratuitement. S’ils n’y vont pas, ils sont coupables de non-assistance à peuple en danger. De toute façon, ce ne sont pas les peuples d’un côté ou de l’autre qui en décident et à ce jour, aucune intervention extérieure n’est envisagée. Et ni le Conseil de Sécurité ni Bain-qui-mousse n’expliquent clairement pourquoi...

« 

Nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes

 »
Pour conclure je choisis de renvoyer vers Michel Soupou dans un article remarquable paru sur le site nouvellecentrafrique.info
Peuple centrafricain, je suis de tout cœur avec le peuple de Centrafrique dans sa lutte pour la liberté et la souveraineté.

Une aide désintéressée est toujours bienvenue

Pour ceux qui souhaitent accompagner l’effort d’émancipation et d’auto-détermination du peuple centrafricain, l’AFI vous recommande de faire un don à cette association, dont nous garantissons l’honnêteté : "Fraternité Boganda" de Toulouse. La marraine de l’association est une amie de l’AFI, la veuve du fils du premier président centrafricain Barthélémy Boganda. Vous trouverez un formulaire d’adhésion et de soutien en pièce jointe ci-dessous. Merci d’avance.